Expositions

Une saison textile à l’abbaye de Trizay

L’Abbaye de Trizay accueille en 2018, deux expositions d’exception autour du textile. Textile ? C’est au Néolithique, entre 5 000 et 10 000 ans avant notre ère que les hommes apprivoisent la matière des fibres et créent, en les entrelaçant, les premiers tissus. Dès l’aube de l’humanité, les textiles témoignent, à travers leurs techniques et leurs décors, d’une maîtrise de la complexité étonnante.

L’ikat est une de ces très anciennes techniques, où l’on teint les fils par réserves avant de les tisser pour produire des figures. En Asie du Sud-Est, les sociétés premières ont créé des ikats sacrés, proches de leurs mythes fondateurs, expressions singulières de leurs cultures. Puis l’Islam en Asie Centrale en a fait des décors somptueux, avant que l’Occident s’approprie la technique et la fasse entrer dans son moule industriel : ainsi le flammé charentais est un ikat arrivé au XVIIe siècle du royaume du Siam. Du 30 mai au 26 août, l’exposition Ikats, tissus de vie, un voyage de l’Orient à l’Occident, propose un parcours dans l’espace et le temps des ikats, à partir de la collection de Monique et Rémy Prin, eux-mêmes créateurs textiles, qui les ont collectés depuis 40 ans.

La revue TEXTILE/ART a non seulement défendu les traditions textiles, mais elle a soutenu durant les années 70 et 80 toutes les innovations dans ce domaine. C’est le sujet de la deuxième exposition, Croiser TEXTILE/ART II (du 30 août au 11 novembre), qui réunit des œuvres d’une trentaine d’artistes sensibles à la souplesse et à l’expressivité de la fibre, qu’elle soit tissée, nouée, cousue ou teinte. Couvrant une période qui va de la Nouvelle Tapisserie jusqu’à nos jours, des travaux réalisés dans des techniques variées, telles que tapisseries, sculptures, ikats, nouages, peintures, photos… y sont présentés. Le textile y est toujours revendiqué comme spécificité, langage de civilisation, source de sensibilité, en dialogue ou en confrontation avec les autres arts. Des œuvres d’artistes ayant fait l’objet d’articles dans la publication sont accompagnées de créations plus récentes.

Les deux expositions montrent que l’art textile est une force toujours en mouvement, poursuivant recherches de matières et avancées formelles.

Ikats, tissus de vie

Un voyage de l’Orient à l’Occident

L’ikat est un procédé de teinture et de tissage sophistiqué très ancien. Son aire d’extension couvre de nombreuses régions de la planète. Les cultures premières de l’Asie du Sud-Est insulaire en ont décliné des expressions artistiques à part entière, chacune en lien étroit avec sa culture et sa société. L’Asie Centrale et le Moyen Orient ont produit, au long de la Route de la Soie, des ikats somptueux, baignés de la civilisation islamique. Au XVIe siècle, le procédé de l’ikat arrive en Europe, notamment à Lyon. La France va produire deux types d’ikat, le Chiné, tissu de luxe en soie, et le flammé en coton, qu’on appellera au XIXe siècle Toiles de Charente, et qu’on connaît sous le nom de flammé charentais. Au long de ce voyage dans l’espace et le temps, le statut du textile va profondément se transformer, en plus de l’expression visuelle des tissus eux-mêmes.

L’exposition proposée et le livre publié à cette occasion suivent ce voyage, présentent les ikats eux-mêmes, décrivent le contexte sociétal de chaque type, et mettent en regard l’évolution du textile de l’Orient à l’Occident, en suivant le fil conducteur de l’ikat. Contrairement aux pays anglo-saxons et à ceux de l’aire Pacifique, où les publications et expositions sur l’ikat ont été nombreuses, la France a été peu présente jusqu’ici dans ce champ culturel, et ce projet est l’occasion de combler un manque.

Cette exposition va circuler en France de 2017 à 2019 et a pour partenaires la Cideral, Communauté de communes de la région de Loudéac en Centre Bretagne qui accueillera l’exposition sur deux lieux muséaux voisins dédiés au textile, le Musée Bargoin de Clermont-Ferrand, le Musée de Niort et l’Abbaye de Trizay.

« Croiser TEXTILE/ART II » :

L’exposition  réunit des œuvres d’une trentaine d’artistes sensibles à la souplesse et à l’expressivité de la fibre qu’elle soit tissée, nouée, cousue ou teinte.

Couvrant une période qui va des années 70, époque de la Nouvelle tapisserie, jusqu’à aujourd’hui, des travaux réalisés dans des techniques variées, telles que tapisseries, sculptures, ikats, nouages, peintures, photos… y sont présentés. À la croisée de ces domaines, le textile y est toujours revendiqué comme spécificité, langage de civilisation, source de sensibilité, en dialogue ou en confrontation avec les autres arts.

Pour comprendre l’histoire de la dynamique de la création textile, l’exposition s’appuie sur une revue, appelée TEXTILE/ART, qui a soutenu durant les années 70 et 80 toutes les innovations dans les domaines de la fibre et de la toile. C’est pourquoi de nombreuses œuvres de l’exposition sont celles d’artistes ayant fait l’objet d’articles dans la publication, tels que Marinette Cueco, Pierre Daquin, Josef Grau Garriga, Elga Heinzen, Georges Jeanclos, Anne Flaten Pixley, Francis Wilson… Elles sont accompagnées d’œuvres plus récentes qui montrent que l’art textile est une force toujours en mouvement, poursuivant recherches de matières et avancées formelles.

Pour retrouver toutes les informations sur Textile Art, vous pouvez consulter le site :
http://www.textile-art-revue.fr/nos-collaborations/croiser-textile-art-ii/

photos des œuvres de Catherine Perrin / Georges Jeanclos / Marinette Cueco (reproduction interdite)