Petite histoire de l'Abbaye de Trizay
Un patrimoine millénaire au coeur de la saintonge
L’histoire de l’Abbaye de Trizay commence il y a près de 1000 ans. Le prieuré Saint-Jean l’Évangéliste dit Abbaye de Trizay, a été fondée au 12e siècle et était rattachée à la prestigieuse abbaye de La Chaise-Dieu, en Auvergne. Son église romane, remarquable par sa base octogonale a été construite entre la fin du 11e et le début du 12e siècle.
Des siècles mouvementés
L’Abbaye connaît des périodes de prospérité mais aussi de bouleversements. Elle est partiellement reconstruite à la fin du 15e siècle, après les destructions causées par la guerre de cent ans, puis à nouveau ravagée durant les guerres de Religion.
De la ruine à la renaissance
En 1692, un inventaire décrit ces bâtiments en ruine comme utilisés à des fins agricoles. Au XVIIIe siècle, la salle capitulaire est transformée en écurie, l’église devient communale, et les autres espaces sont exploités par des fermiers. Malgré son classement au titre des Monuments Historiques en 1920, le site continue de se détériorer jusqu’en 1989, date à laquelle la commune de Trizay rachète l’ensemble.
Une restauration portée par la commune
Aujourd’hui, l’abbaye est géré par une association qui a crée un espace culturel vivant, dédié à la rencontre entre patrimoine, art et création contemporaine, qui redonne vie à ce lieu chargé d’histoire.
L'architecture Romane
L’Abbaye de Trizay conserve un ensemble remarquable de sculptures romanes, réalisées en deux campagnes successives autour de 1100 et 1130. Elles illustrent parfaitement le style saintongeais, mêlant bestiaire fantastique, figures humaines et décors végétaux.
Les bâtiments conventuels sont encore visibles au sud. On y accédait autrefois par un escalier menant au dortoir des moines. La salle capitulaire, voûtée, s’ouvre sur l’ancien cloître par de fines arcades polylobées tandis qu’un cellier voûté en plein cintre occupe la partie sud.
L’étage, autrefois dortoir, a été profondément modifié au fil des siècles. Sa restauration récente a permis de redécouvrir une série de peintures murales à sujets mythologiques, réalisées de manière naïve, probablement au XVIIe siècle. L’interprétation de cet ensemble reste incertaine, possiblement liée au contexte troublé des guerres de Religion.
Le bâtiment en retour abrite le réfectoire. Ses murs datent de l’époque romane, mais sa voûte actuelle remonte vers le XVe siècle. Elle est ornée de peintures représentant les symboles des quatre évangélistes, œuvres probablement issues du même atelier que les fresques mythologiques du dortoir.
La restauration
Entre 1989 et 2004, l’Abbaye de Trizay a fait l’objet d’une restauration complète sous la direction de Philippe Oudin, architecte en chef des Monuments Historiques. Après des travaux de sauvetage et de gros œuvre, les bâtiments monastiques ont été restaurés pour accueillir des activités culturelles. C’est à cette occasion que les peintures murales ont été mises au jour et restaurées (1996–1997).
L’église a été réhabilitée entre 1998 et 2004, avec la matérialisation au sol de son plan originel octogonal révélée par des fouilles. Elles ont permis de confirmer que l’église priorale présentait bien un plan centré, tout à fait exceptionnel dans la région et sur lequel on continue de s’interroger. La restauration s’est conclue par la création de vitraux contemporains réalisés par Gilles Rousvoal d’après une maquette de Richard Texier, puis complétés en 2012 par le Père Kim En Joong.
